"Je ne risque pas de voter pour tes copains écolos..."
/image%2F5122026%2F20250929%2Fob_e14f60_telechargement.png)
Une ancienne candidate de la NUPES en 2022, Lumir Lapray, vient de publier un livre intitulé Ces gens-là, dans lequel elle explique pourquoi la population rurale ne supporte plus l'arrogance et la déconnection des écologistes en politique.
Nous la comprenons aisément, nous qui dénonçons ces Khmers verts depuis la création de ce blog.
Extrait d'un article paru dans L'Express :
"Lumir Lapray est une activiste du climat. Mais pas que. C’est aussi une « transfuge de territoire », qui a grandi dans l’Ain, en zone rurale, avant de changer de vie et de monde en passant par Sciences po Lyon (…). Elle raconte son retour dans sa région d’enfance après un début de vie professionnelle à Paris, ce qui lui offre une vue imprenable sur une catégorie sociale devenue ces dernières années l’objet de tous les questionnements : les classes populaires et moyennes qui vivent loin des villes (…)
Le chapitre 5 apporte de précieux éléments de compréhension. C’est même une véritable scène de genre. Nous voici Chez Mimi, le café en face de chez l’autrice. Sur le poste de télé allumé en permanence, BFMTV fait défiler les actualités. Quand est mentionnée l’interdiction des chaudières au fioul, un des clients, un chasseur, attrape la balle au bond : « Complètement con, ça ! » La discussion est lancée.
Bientôt, il va être question des poêles à granulés hors de prix, du nucléaire, de l’interdiction à venir de la voiture thermique… Ce sujet rend fou Gégé : « Mes gosses viennent de faire leurs 18 ans à dix mois d’écart, et on avait 500 balles pour leur acheter une bagnole à chacun. Tu vas me dire que, même avec les aides, j’aurais pu avoir une électrique pour ce prix-là ? »
Un autre, chasseur, renchérit : « Comment on va les réparer ? Moi, ma bagnole, je la bricole avec le fils Colin […] Demain, on a une voiture électrique, on y connaît que chti. Donc faudra aller au garage et encore payer. Et puis ça va encore le nouveau diesel, cette merde. Tu vas voir, dans quelques années, ils vont nous dire qu’en fait c’était pas une bonne idée. […] Et nous, on sera coincés avec nos bagnoles électriques. »
La liste des récriminations est interminable. Bientôt, c’est à propos de la rénovation thermique que Gégé monte au front : « La prime Rénov, là, c’est plus d’emmerdes qu’autre chose. Pour la toucher faut faire intervenir une entreprise agréée ou je ne sais pas quoi, alors que de toute manière, nous, on fait tout seuls avec les copains. »
Ce chapitre de Lumir Lapray est lumineux. Il montre sans fard une réalité que les militants écolos peinent à regarder en face : Chez Mimi, l’écologie apparaît d’abord comme un sac d’emmerdements. Ou, pire, comme une nouvelle façon pour les gros de faire les poches des petits. L’écologie technocratique – qui tente de faire croire que « nous sortirons de l’ornière en triant nos déchets et en faisant pipi sous la douche » – apparaît dans toute son absurdité.
Précision : « ces gens-là » ne sont pas des inconscients ou des incultes. Ils font très attention à ce qu’ils mangent, ne sont pas climatosceptiques. Mimi : « C’est pas que j’y crois pas à tes trucs de la planète. Je suis pas con, j’ai bien vu au jardin, ça a plus la même tête que vingt ans en arrière. Oui, d’accord. Mais c’est toujours nous qui devons payer pour tout ça. Payer pour une nouvelle voiture, payer pour les travaux à la maison, payer pour les pistes cyclables. Payer, payer, payer. »
Cette écologie-là est à bout de souffle. Au lieu de faire payer ceux qui font des profits grâce à la pollution – les entreprises, les actionnaires – elle s’en prend aux consommateurs. Comme si, avec leurs petits bras, ceux-ci pouvaient à eux seuls changer le système.
Forcément, ça coince. « Ça, c’est sûr que je ne vais pas voter pour tes copains écolos ! », lance Gégé à la face de Lumir Lapray…"
